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Les articles
L'Université Cheikh Anta Diop de Dakar a crée un groupe de travail sur l'unité Africaine en collaboration avec le Ministre des affaires étrangères du Sénégal pour notamment réfléchir sur la question des États-Unis d'Afrique, du gouvernement de l'union et d'une manière générale , sur le fédéralisme. C'est dans le cadre de cette collaboration qu'est organisé le symposium sur les États-Unis d'Afrique. Suivi du Forum sur le rôle et la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale. Du 27 au 30 juillet Convergencefm est au coeur de l'événément . Pour contribuer à la impliquer les masses Africaines et celles de la Diaspora à la construction d'un État fédéral Africain.



Le tournant décisif

La question fédérale figure en bois de chéne dans le cahier des charges de l'union africaine meme si, jusqu'ici, la mise en place d'un gouvernement continental tarde à se concrétiser. Une évolution en dents de scie qui sied mal au contexte du troisième millénaire. Comment l’Afrique devra-t-elle s’y prendre pour bâtir une fédération solide, respectée et structurée de manière à prendre en charge les défis du millénaire ? C’est là l’une des questions prégnantes qui interpellent les intellectuels tout au long de ce symposium que la capitale sénégalaise à l’honneur d’abriter. En définitive, l’unification historique du continent devra forcément s’arracher. En ces temps de mondialisation ou les savoirs, les savoir-faire et le boom des communications sont autant d’armes miraculeuses pour l'unification. Combien sont-ils à rêver d'un méga ensemble en Afrique ? Combien sont-ils encore, ces fils et filles du continent qui ont perdu de vue que le troisième millénaire est celui des grands ensemble ? Sans doute, du fond de leur panthéon, les précurseurs du panafricanisme sont nostalgiques de ce futur proche où un automobiliste africain pourra circuler de Tanger au Cap avec un seul document. Il y a, dans ce grand projet, de grandes personnes engagées qui ont tiré des conclusions intégrales de l’émiettement de ce riche continent. Et que dire de ces peuples d’Afrique reliés par la toile et conscients, par une loi synergique simple, que deux et deux peuvent être supérieurs à quatre ?
La force de l’union sera que le continent noir pourra parler d’une seule voix au banquet des nations. Cheikh Anta Diop, Kwamé Khrumah et tant d’autres ont sacrifié à l’idéal de l’union. Ce, après le passé radieux des grands empires où des équilibres ethniques, linguistiques et économiques ont été réussis. Aujourd’hui, il faudra convoquer toutes ces réalités prégnantes pour bâtir les Etats-Unis d’Afrique. Mais force est de reconnaître que les pionniers de la culture ne seront pas en reste dans ce projet gigantesque de l’union. Dans cette perspective, il ne faudra pas négliger l’action des forces d'inertie symbolisées par les intérêts de multinationales. D’où la pertinence d’un gouvernement fédéral avec une armée
commune, un parlement commun et une monnaie commune.Seule la foi en ce prochain âge d'or fera faire aux peuples de ce continent renaissant le grand bond en avant auquel asprient ses populations. L’Afrique des guerres tribales, des multinationales, des génocidaires, celle de la vieille France, celle de l’humanitaire ou la palpitante Afrique qui gagne parfois en croissance économique et attire les investisseurs n’a plus sa raison
d’être. Le peuple a besoin d’une nouvelle Afrique, d’un seul visage, avec des gens de bonne volonté qui aspirent à renforcer son union.

Khadiatou Balde

 
Interview du Dr Cheikh Tidiane GADIO

La Grandeur de l'Afrique réside dans un Etat féral

Monsieur le ministre d’Etat, Dakar abrite cette semaine un Symposium sur les Etats-Unis d’Afrique, suivi d’un Forum sur le
rôle et la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, en présence d’éminents intellectuels, universitaires et chercheurs
d’Afrique et de la Diaspora. Pouvez-vous nous faire l’historique de cette importante rencontre ?
Ce symposium va certainement être retenu dans l’Histoire de la Longue Marche vers la Renaissance africaine comme un
moment de rupture et d’innovation. En effet, pour la première  fois en Afrique, nous assistons à une jonction si ouverte et si
franche de deux mondes qui, traditionnellement, se regardaient en chiens de faïence : le monde universitaire et  intellectuel
et celui des décideurs politiques. On sait que la méfiance est grande entre ces deux formes d’existence des cadres africains.
Ceux qui forment les ressources humaines d’un  pays et ceux qui exercent le pouvoir n’ont pas toujours eu les meilleures
relations. L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a créé, depuis longtemps, une Commission de l’intégration africaine
que des cadres de mon ministère et moi-même avons rejoint depuis  près de trois ans. Notre coopération, dans le respect
mutuel et dans le respect de l’autonomie de chacune des institutions, a abouti à un premier séminaire, tenu à Saly-Portudal
(station  balnéaire située à environ 80 km au sud de Dakar, NDLR) et qui avait permis de répondre aux cinq questions posées
par le Sommet d’Accra de l’Union africaine entièrement consacré au Gouvernement de l’Union.
Une de ces cinq questions portait sur un point d’achoppement important dans la marche vers l’Etat fédéral africain. Ce point concerne l’articulation entre le désir de promouvoir un gouvernement fédéral à l’échelle continentale et le respect de la souveraineté des Etats africains et de leurs prérogatives d’Etats indépendants.
C’est d’ailleurs la persistance de ce point d’achoppement au sein de l’Union africaine qui a amené les animateurs de cette
Commission de l’Ucad, en partenariat avec le Ministère des Affaires étrangères, à lancer l’idée de ce symposium sur les
Etats-Unis d’Afrique. L’autre volet de ces Assises des universitaires, chercheurs et intellectuels d’Afrique et de la diaspora,
c’est la tenue du Forum sur le rôle et la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Au retour d’un débat international
tenu à Evian (en France NDLR), par le Forum de Davos, Son Excellence Me Abdoulaye Wade, président de la République
(du Sénégal, NDLR), avait convoqué de larges secteurs de l’intelligentsia sénégalaise et africaine présente à Dakar pour les
exhorter à s’organiser et relever le défi de la marginalisation systématique de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.  Un
groupe de travail, mené par le professeur Iba Der Thiam et moi-même, a travaillé depuis plusieurs mois pour préparer ce
Forum qui se tiendra enfin le jeudi 30 juillet. Voilà donc pour l’Historique du Symposium et du Forum.
Où en est aujourd’hui le projet des Etats-Unis d’Afrique ? Certains Etats du continent semblent prêts à y aller
immédiatement là où d’autres donnent l’impression de traîner les pieds. Quelles sont les grandes tendances qui se
dégagent et les raisons qui les sous-tendent ? Le projet des Etats-Unis d’Afrique peut faire l’objet d’une lecture
dans le style « le verre à moitié plein » ou « le verre à moitié vide ». Quand on se rappelle qu’il y a encore
cinq ans, certains collègues ministres africains nous trouvaient bien rêveurs et parfois même pouffaient de rire devant
l’expression « Etats-Unis d’Afrique », alors qu’aujourd’hui ce sont ces mêmes collègues qui soutiennent qu’il faut
« accélérer l’intégration politique et économique du continent, y compris par la formation d’un Gouvernement de l’Union
» pour aller vite aux Etats-Unis d’Afrique, on peut mesurer avec satisfaction l‘immense progrès accomplices
dernières années. Cependant, on peut considérer que notre discours panafricaniste actuel à l’Union africaine est en deça
du discours d’un Kwame Nkrumah qui, le 25 mai 1963, faisait un brillant et émouvant plaidoyer lors d’un discours qu’il
avait intitulé « Un Gouvernement d’union pour une Afrique unie ». Il y plaidait déjà une politique africaine de défense
commune, une diplomatie commune, une politique commune de commerce extérieur, une banque centrale et une
monnaie africaine unique, ainsi qu'une citoyenneté africaine commune. Nkrumah demandait aux chefs d’Etat africains,
déjà en 1963, de donner six mois à une commission des ministres des Affaires étrangères pour préparer un rapport sur
toutes les questions évoquées plus haut, mais surtout sur le projet de Constitution d’un Etat fédéral africain. Comme
je le dis souvent à mes collègues, « 46 ans après, Nkrumah et les peuples africains attendent toujours le fameux rapport
commandé depuis 1963 ». Sous ce rapport, le verre est plutôt à moitié vide, car les Africains font souvent bégayer leur
histoire et reportent des échéances alors que la preuve a été administrée, depuis un demi siècle au moins,que la
grandeur de l’Afrique réside dans un Etat fédéral africain puissant, disposant d’un milliard d’habitants, riche d’une
population à 50% composée de jeunes de moins de 17 ans et disposant d’un tiers des réserves naturelles connues
du monde. L’Afrique, dans le passé, a été le socle fondateur de la civilisation humaine avec l’Egypte nègre des grands
Pharaons de l’Antiquité égypto-nubienne, mais après des siècles de décadence, de domination et de résistance,
l’Afrique est redevenue, incontestablement, le socle fondateur de la Refondation de l’aventure humaine. C’est pour cela
que l’on parle de la Renaissance africaine et du fait que le 21ème siècle sera le siècle de l’Afrique malgré les apparences.
Mais il s’agit bien d’une Afrique unie et fédérée. Qu’est-ce qui fonde le militantisme panafricaniste dont fait montre le
Sénégal, surtout si l’on sait que cette volonté ne date pas d’aujourd’hui ?Depuis les sections garveyistes de Rufisque
et de Saint-Louis du Sénégal dans les années 1920 et le leadership de ses députés et leaders africanistes comme Blaise
Diagne, Lamine Senghor, Ngalandou Diouf , Lamine Guèye, Senghor, Mamadou Dia, Cheikh Anta Diop, Abdoulaye Ly,
Majmouth Diop, Amadou Makhtar Mbow, Abdoulaye Wade et des dizaines d’autres, jusqu’à la belle proclamation de sa
Constitution : « le Sénégal est prêt à un abandon partiel ou total de souveraineté pour construire l’unité africaine »,
notre pays, comme je l’ai dit une fois, a arrachésa souveraineté internationale pour l’offrir immédiatement à l’Afrique-mère.
Ce background intellectuel et historique, couplé avec l’avènement à la tête de l’Etat sénégalais, en 2000, d’un authentique
et éminent leader panafricaniste, Abdoulaye Wade (un nkrumahiste de la première heure) peut expliquer notre position
avan-gardiste et très sincère pour la construction des Etats-Unis d’Afrique. Notre Président est prêt à être demain le
Gouverneur de l’Etat fédéré du Sénégal ou le Premier ministre de la Province sénégalaise des Etats-Unis d’Afrique. Il faut
que plusieurs Chefs d’Etat en arrivent à la même disposition d’esprit et acceptent d’assumer leur part pour un grand destin
pour l’Afrique.Comme dit mon ami et frère le Professeur Molefi Asante, il leur faut simplement avoir le sens de la mission et
le sens du destin. Nos peuples sont prêts, et leurs dirigeants doivent être à la hauteur de leurs aspirations pour une Afrique
unie, forte et prospère, qui, comme les fédérations indienne ou brésilienne, sera candidate au statut de
« World Global Player », c'est-à-dire de puissance à vocation de décideur à l’échelle mondiale.

Interview realise

par

Mamadou Amath

 
Dans l’antichambre du gouvernement fédéral

Est-bien vrais que la meilleure manière d'interdire c’est de ne pas interdire ? Tout porte à le croire, quand on sait que trois siècles de brimades et de sévices n’ont pu venir à bout de l’africanité. De la trêve de l’esclavage à l’aube des indépendances, les élites du monde noir se sont évertuées à préserver ce qui n’a pas été détruit; à revaloriser ce qui a été nié au nom de la discrimination. Pour autant, l’Afrique traîne encore les pieds à l’orée du troisième millénaire et sa claudication est tributaire de ses dirigeants qui peinent à constituer une fédération apte à prendre en charge la question du développement.
C’est sans doute conscients que ce serait une "entorse historique" que de rester au stade de la contemplation passive de l’œuvre des pionniers de la renaissance africaine, que les instigateurs de l’anniversaire du cinquantenaire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) ont formulé le vœu de mettre sur pied un Collège doctoral sur les Etats-Unis d’Afrique doté d’un comité scientifique et d’une antenne sur tous les campus d’Afrique. « Au-delà de ce qui, aux yeux de certains, peut apparaître comme de simples réflexes de survie, il s’agit pour nous d’une philosophie, d’une conviction pour que l’Afrique, ce très riche continent, puisse participer pleinement à la marche de l’humanité, à la gouvernance », a argué le professeur Abdou Salam Sall, recteur de l’Ucad, lors d'un point de presse en prélude à la tenue du symposium.
Une opinion confortée par le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio, qui a rafraîchi la mémoire de l’assistance sur les divergences des chefs d’Etat africains qui maintiennent encore à l’état embryonnaire la fameuse « Déclaration d’Accra » de janvier 2007. Pour M. Gadio, le constat est sans appel. « Ce sont les dirigeants qui retardent les Etats Unis d’Afrique même s’ils se sont tous accordés sur les domaines de compétences du gouvernement de l’union », dit-il, ajoutant toutefois que l’Union africaine traverse un moment crucial de son existence avec le risque de sombrer dans la léthargie des indépendances. Pour autant, souligne-t-il, les masses africaines sont de loin en avance sur leurs gouvernants pour avoir « mentalement réglé la question des frontières ». Plus encore, insiste le ministre des Affaires étrangères du Sénégal, il convient de ne point perdre de vue que le continent africain détient le tiers des réserves du monde. Un acquis considérable que l’Occident s’évertue à minimiser.
Est-il besoin de rappeler donc que ledit acquis nécessite une exploitation judicieuse ? Le forum affilié au symposium autour du thème « Rôle et place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale » permettra certainement d’élucider cette question. Au demeurant, pour l’historien Iba Der Thiam, le combat pour l’union fédérale ne sera pas de tout repos. Il exige une synergie de toutes les forces vives d’Afrique, unies comme un seul corps et convaincues, comme l’auteur du livre « Un destin pour l’Afrique », Abdoulaye Wade, que « la culture nègre est, comme une bonne terre, propice au développement de la physique moderne ». C’est peut-être là l’ultime sacerdoce qui incombe aux dirigeants de l’Union africaine, soucieux de célébrer en grande pompe le fameux jour de Cheikh Anta Diop. « Ce jour où les Africains et les Antillais se débarrasseront de leur aliénation réciproque pour fraterniser sincèrement, le tour sera joué », affirmait le célèbre savant, avant d’ajouter : « on ne voit pas pourquoi, dans ce cas, les Antillais, au lieu de regarder vers l’Amérique ou vers l’Europe, ne formeraient pas une fédération sur le type de l’Indonésie pour entretenir des relations culturelles, économiques et fraternelles avec l’Afrique noire devenue un Etat multinational».

El Bachir THIAM

 
L’intégration du continent est d’abord politique, selon Dr Cheikh Tidiane GADIO

L'integration africaine est d'abord une affaires politique avant d'être économique, a laissé entendre le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio. S'exprimant au cours d'une rencontre avec la presse en prélude au symposium sur les Etats Unis d’Afrique, il a expliqué que « c’est au plan politique que l’on prend des décisions sur la conduite  des affaires ».
Evoquant le débat qui oppose les partisans d’une intégration rapide à travers la formation d’un gouvernement continental et la création des Etats Unis d’Afrique, et les partisans d’une démarche graduelle à travers la création de communautés économiques régionales (CER),  il  s’est dit « réservé » sur les moyens de réaliser l’intégration du continent africain à travers l’économie. Selon le ministre des Affaires étrangères qui s’exprimait  vendredi  à l’occasion d’une conférence de presse,  ce qui bloque l’unité africaine c’est la question de la souveraineté des Etats. M. Gadio a cité l’exemple des Etats-Unis d’Amérique dont le système fédéral permet aux Etats membres de garder une certaine souveraineté sur plusieurs domaines, précisant qu’il est possible d’avoir les Etats Unis d’Afrique tels que envisagés par Kwamé Nkuruma en 1963.
Le ministre sénégalais  a rappelé que le Sénégal a inscrit dans sa Constitution depuis 1960 sa volonté manifeste « d’abandonner sa souveraineté dans le cadre de l’unité africaine ».
« La création d’un Etat fédéral africain est une question de survie », a-t-il  estimé  avant d’ajouter que la  réalisation d’un tel objectif permet au continent noir de « peser sur la marche du monde ». Un travail important vers la création d’un Etat continental a été fait a rappelé le ministre d’Etat sénégalais pour qui l’Union africaine est dans une « phase critique » sur le chemin de la formation d’un gouvernement africain et d’un Etat fédéral.
« Aucun pays africain n’est contre les Etats Unis d’Afrique », a-t-il souligné, demandant aux leaders africains encore divisés sur la manière de réaliser un Etat continental, de laisser les Etats  qui sont prêts, constituer l’embryon du futur Etat fédéral.
« Avec un milliard d’habitants dont 50 % ont moins de 17 ans, l’Afrique a une chance, si elle est unie, d’être une puissance économique avec un tiers des réserves naturelles du monde au moment où les autres continents connaissent un vieillissement de leur population.

a poursuivi Gadio.

 
Une vingtaine de communications pour disséquer le fédéralisme africain

Plus de 300 personnes, dont 151 en provenance de l’étranger, prennent part à partir d’aujourd’hui à Dakar à un symposium sur les Etats-Unis d’Afrique, suivi d’un forum sur le rôle et la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. La rencontre se tient sur l’initiative de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, en collaboration avec le ministère sénégalais des Affaires étrangères.
Cette rencontre de quatre jours porte sur le thème : "Rôle et place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale". Dans le cadre de son cinquantenaire, l’Ucad compte mettre en place un Collège doctoral sur les Etats-Unis d’Afrique doté d’un comité scientifique et d’une antenne sur tous les campus d’Afrique.
Elle a créé un groupe de travail sur l’unité africaine, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères du Sénégal, pour notamment réfléchir sur la question des Etats-Unis d’Afrique, du gouvernement de l’Union et sur le fédéralisme.
Une vingtaine de communications portant sur différents aspects du fédéralisme sont prévues lors de cette rencontre dont la cérémonie d’ouverture sera présidée par le chef de l’Etat du Sénégal, Abdoulaye Wade, fervent défenseur de la mise en place d’un gouvernement de l’Union africaine. Les communications seront présentées par des intellectuels du continent et de sa diaspora.
La cérémonie d’ouverture de la manifestation se déroule en présence du président de l’Union africaine, Jean Ping, et du président de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le docteur Mohamed Ibn Chambas.
La rencontre des intellectuels d’Afrique et de la diaspora, qui s'était tenue en septembre 2004 à Dakar, représente une étape historique dans le débat sur le fédéralisme africain. En effet, les participants avaient réitéré l’idée de la création des Etats-Unis d’Afrique. Les chefs d’Etat, lors de leur quatrième session ordinaire tenue en 2004, après échange sur le sujet, ont décidé d’aller vers les Etats-Unis d’Afrique et de constituer un gouvernemental continental. A la quatrième session de juillet 2005, ils ont réaffirmé, dans une résolution, que l’ultime objectif de l’UA est l’intégration politique et économique du continent menant aux Etats-Unis d’Afrique.
En juillet 2007, ils ont organisé, dans la capitale ghanéenne, un grand débat sur le gouvernement de l’Union à l’issue duquel ils ont adopté une "Déclaration d’Accra", document dans lequel ils réaffirment la nécessité d’accélérer l’intégration économique et politique du continent à travers, notamment, la formation d’un gouvernement d’union, l’objectif ultime de l’Union africaine étant la création des Etats-Unis d’Afrique.
En février 2009, lors du douzième sommet de l’UA, tenu à Addis-Abeba, les chefs d’Etat décident de transformer la Commission de l’UA en Autorité de l’Union, composée  de Secrétaires. Ce nouveau concept sera débattu à Dakar, en rapport avec le fédéralisme africain et les Etats-unis d’Afrique. L’objectif en est de revisiter le fédéralisme en Afrique, d’en élucider notamment le concept, la signification, les formes et le mode d’organisation, aux plans institutionnel, politique, économique, culturel et social, en s’appuyant sur des expériences en Afrique et dans le reste du monde.
Le but du symposium est de créer les bases d’une réflexion permanente sur les Etats-Unis d’Afrique en regroupant les intellectuels et les universitaires du continent et de la diaspora en réseaux de recherche pluridisciplinaire sur les questions de l’intégration et du fédéralisme.

Assane Diagne

 
Plaidoyer pour un Etat fédéral africain : ici et maintenant

L'Afrique est une mosaïque de pays confrontée depuis des siècles à divers traumatismes (esclavage, colonisation, indépendances truquées pour certains) et apparemment vouée à toutes les calamités (naturelles, économiques, politiques etc.) Mais l’Afrique reste debout comme « un cœur de réserve » là où d’autres peuples ont disparu en même temps que le tarissement de leur sueur. Je pense notamment aux Amérindiens. C’est qu’elle a en elle–même des ressources inépuisables encore insuffisamment exploitées. L’Afrique – appauvrie et non pas pauvre - est riche de la qualité de ses enfants, de ses ressources minières, agricoles etc., et sa population dans sa diversité ethnique, culturelle et religieuse et en dépit de tensions irrédentistes somme toute marginales, est en train de s’édifier comme Peuple et de se construire comme Nation. Et un jour, comme l’écrivait Lumumba, elle se réconciliera avec sa propre histoire, ses propres résistances et « elle sera du nord au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité ». Cela relève désormais de l’urgence, et l’urgence et un concept du temps, surtout à un moment où les signes avant-coureurs d’une remise en cause de ses équilibres fondateurs – du fait d’un contexte mondialisé - se font jour de ci de là, il faut, plus que jamais, rester « vigilants et alertes ». Elle peut représenter l’espérance du monde, son nouveau souffle si les Africains le veulent bien, renoncent aux discussions byzantines, aux querelles stériles et refusent la Fatalité sous ses diverses formes et les oripeaux et euphémismes dont la recouvrent les afro-pessimistes, « en se ceignant les reins comme un vaillant homme ».
« L’Afrique n’est pas démunie ; elle est désunie » ; l’Afrique n’est pas pauvre ; elle est appauvrie. C’est pourquoi le débat sur son unité, en plus de son impérieuse nécessité, n’est pas vain et doit mobiliser toutes nos énergies, ressources, imagination et une réflexion critique, prospective, rigoureuse, décomplexée et innovante dans l’esprit du texte fondateur de ce mouvement d’idées qui a pour nom Panafricanisme. Un panafricanisme revitalisé, revisité à l’aune de l’actuelle configuration du monde. La pensée doit précéder l’action. Une action doit nécessairement être éclairée. Pour en prévenir les errements et, au besoin, en rectifier les dérives. Une pensée qui tourne sur elle-même est vide ; une action non éclairée est aveugle.
Si tout le monde est d’accord avec l’unité, les voies pour y accéder divergent et deux points de vue s’affrontent : a) les tenants d’une unité par étapes, par intégrations progressives ; reprenant par là même la thèse senghorienne des cercles concentriques, b) les tenants de l’unité immédiate par la création d’un Etat fédéral.
Les arguments des tenants de la première thèse ne sont pas ridicules, qui excipent souvent d’ailleurs de l’expérience européenne qui, du reste, ne s’inscrit pas dans la perspective d’un Etat fédéral. Seulement depuis 1963, année de la création de l’OUA (Organisation de l’unité africaine), les cercles concentriques sont dangereusement immobiles et le bilan est bien maigre.
Nous avons trop attendu, tergiversé. Il faut maintenant accoucher l’Etat fédéral – promis depuis 1963 sur une proposition de Nkrumah – aux forceps de l’orage. Certes, ce ne sera pas facile, mais une fois la barrière placentaire rompue, les vagissements passés, le nouveau-né, lavé et parfumé, sera beau et grandira dru. Si nous laissons de côté les palinodies et arguties dont on a vu qu’elles n’ont encore rien produit de significatif.
Quant aux références sur le processus de la construction européenne, elles ne me paraissent pas pertinentes. L’Afrique n’est pas l’Europe ; elle peut parvenir à sa construction par des voies originales et ensuite nous ne voulons pas faire de l’Afrique une nouvelle Europe. Référence pour référence, je préférerais qu’on interrogeât notre propre histoire. Ainsi, il faut rompre avec les mimétismes, se déprendre de l’influence des vestiges de l’anthropologie coloniale qui nous dit qu’il n’y a de vérité qu’occidentale et revisiter, dans un mouvement de réappropriation de notre histoire, qui passe comme dit Ngugi par une décolonisation des nos esprits extravertis marqué par une défaite vociférante de la pensée et l’incapacité, du fait de nos élites, de produire une pensée neuve et de reprendre le droit à l’initiative, selon la belle formule de Césaire. Dans ce recours aux sources et dans le cadre du débat sur l’unité de l’Afrique, la réflexion issue de ce symposium initié par l’université de Dakar et le Dr Cheikh Tidiane Gadio, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, dont l’engagement panafricain ne souffre d’aucun doute,  peut nous être d’un compagnonnage utile.

Professeur Hamidou Dia (Ph. D),Philosophe et écrivain
Conseiller Spécial du Président de la République du Sénégal

 
Le recteur de l’Ucad annonce la création d’un Collège doctoral sur les Etats-Unis d’Afrique
L’idée de la tenue du Symposium sur les Etats-Unis d’Afrique est une initiative de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères de la République du Sénégal. Elle se fonde sur la réaffirmation, à travers une résolution des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (UA), que l’ultime objectif de cette organisation reste l’intégration politique et économique de l’Afrique menant aux États-unis d’Afrique.
Dans cet esprit, le Pr Abdou Salam Sall, recteur de l’Ucad, s’exprimant vendredi lors du point de presse de lancement du Symposium de Dakar, a rappelé les trois missions fondamentales de l’Enseignement supérieur que sont l’enseignement, la recherche et les services à la société. « Grâce à ces trois composantes et par une démarche empreinte de vérité et d’objectivité, a-t-il dit, les institutions d’enseignement supérieur visent l’optimisation des acquis et potentiels de leurs sociétés en vue de leur assurer les conditions de développement les plus favorables ».
Parce que consciente de l’importance que revêt la création des Etats-Unis d’Afrique l’Ucad, en célébrant, en 2007, son cinquantième anniversaire, a organisé une table ronde sur l’unité africaine à laquelle avaient été conviés des enseignants spécialistes de diverses disciplines ainsi que des ministres en charge de la question et d’autres experts.
Les discussions, riches et variées, ont fait apparaître que, pendant 50 ans, l’université de Dakar s’est passée d’une de ses responsabilités essentielles pour « n’avoir pas mis en place une structure de recherche transdisciplinaire » sur l’intégration africaine.
« Il me semble qu’au vu de la globalisation et de la formation de grands ensembles qui la caractérisent, nous devons, pour être encore plus utiles à notre société, travailler, sans délai, sur les voies et moyens de créer, au sein de nos universités, des espaces académiques sur les Etats-Unis d’Afrique », a souligné M. Sall. Pour lui, les Etats-Unis d'afrique seront certes une construction des politiques, mais ce sont les établissements d’enseignement supérieur qui forment ces politiques et, au-delà, tous les jeunes qui auront demain une responsabilité hautement qualifiée pour transformer la société.
Aussi leur est-il apparu évident que le questionnement doit concerner, non pas le Sénégal seul, mais l’Afrique tout entière et la diaspora, de même que toutes les disciplines, sinon nombre d’entre elles. Après la célébration des soixante-dix ans de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), dont le thème portait précisément sur la problématique de l’intégration africaine, l’idée d’élargir le cercle des chercheurs sur la question s’est imposée d’emblée.
Outre les communications et autres formes d’échanges et de partage, l’objectif, a révélé Abdou Salam Sall, est de mettre en place un Collège doctoral sur les Etats-Unis d’Afrique, qui sera doté d’un comité scientifique et d’une antenne sur tous les campus d’Afrique. Il sera pluridisciplinaire et chaque université y mènera ses recherches en fonction de son potentiel scientifique, a signalé le Pr Sall, précisant que le Collège doctoral devra trouver les ressources financières pour mener à bien ses missions et organiser périodiquement des colloques dans tout le continent.
« Pour les besoins de son développement et par la contrainte, l’Europe a trouvé, à Berlin, les moyens d’une division de l’Afrique qui lui est favorable. Par la connaissance et la persévérance dans l’effort, il nous appartient de déconstruire cela pour bâtir une entité plus conforme à nos aspirations dans un monde globalisé et (faire en sorte) que cette entité soit mieux adaptée à nos valeurs de civilisation, mais aussi et surtout économiquement et politiquement plus viable », a ajouté M. Sall.
« Au-delà de ce qui, aux yeux de certains, peut apparaître comme de simples réflexes de survie, il s’agit pour nous d’une philosophie, d’une conviction pour que l’Afrique, ce très riche continent, puisse participer pleinement à la marche de l’humanité, à la gouvernance mondiale », a conclu le recteur de l’Ucad.

Mamadou AMAT

 
Ouverture du Symposium

Ouverture ce matin à Dakar du Symposium sur les États Unis d'Afrique. C'était sous la présidence du chef de l'état  du SENEGAL,  Mr ABDOULAYE WADE. Dans son allocution d'ouverture le président du comité scientifique et d'organisation du SYMPOSIUM se félicite du fait que les intellectuels se sont appropriés la question. Cette réflexion constitué selon lui une decisive dans le processus de réalisation des ETATS UNIS D'AFRQIQUE

 


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